Le terme « lattis » ou « lattage » désigne un ensemble de lattes de bois utilisées dans la construction des toitures pour soutenir les tuiles ou les ardoises. Ces lattes sont connues sous le nom de liteaux. La mise en place de ces éléments, souvent appelée liteaunage ou litonnage, est cruciale lors de l’installation ou de la rénovation d’un toit, après la mise en place de l’isolant. Nous vous détaillons ici l’utilité du lattis et les étapes pour le poser correctement.
Sommaire
Quelle est la fonction du lattis dans une toiture ?
La plupart des toitures modernes conçues avec des tuiles ou des ardoises s’appuient sur un lattis. Ce dernier est composé de liteaux en bois disposés juste au-dessus de l’écran sous-toiture :
- une première série de liteaux installés alignés avec les chevrons ou les fermettes, s’étendant de la faîtière jusqu’à l’égout ;
- une seconde série de liteaux posés perpendiculairement aux premiers, et qui servent à fixer les tuiles ou les ardoises.
Le lattis ou lattage a principalement pour fonctions :
- de fixer solidement l’écran de sous-toiture, en réduisant les risques de déchirures ;
- de créer un espace d’air pour la ventilation de la couverture ;
- de porter les éléments de la couverture (tuiles ou ardoises).
Installation d’un lattage de toiture
Respect des normes de toiture
Lorsque vous entreprenez de réaliser une toiture, il est crucial de respecter les règlements d’urbanisme locaux. Ces règlements précisent notamment :
- les matériaux autorisés tels que les ardoises, les tuiles en terre cuite ou en béton, etc. ;
- les contraintes architecturales comme l’inclinaison du toit.
Des restrictions supplémentaires peuvent s’appliquer si votre propriété est située à moins de 500 mètres d’un monument historique. Votre toiture doit alors respecter ces règlements.
L’installation du lattage doit être adaptée aux spécificités des matériaux de couverture utilisés.
Les DTU de la série 40 (Documents Techniques Unifiés) fournissent des recommandations précieuses, y compris les méthodes de mise en œuvre des matériaux.
Dans les régions exposées à des vents forts ou à des conditions climatiques extrêmes, le voligeage est souvent utilisé. Il est recommandé de monter la couverture sur des voliges, qui sont des planches offrant un support continu ou ajouré, plus robuste que le lattis.
Équipement nécessaire pour le liteaunage
Pour tout travail en hauteur, il est essentiel d’utiliser des équipements de protection :
- harnais ;
- ligne de vie ;
- casque ;
- gants ;
- chaussures de sécurité.
L’outillage nécessaire au liteaunage comprend celui couramment utilisé par les charpentiers couvreurs :
- échafaudage ;
- scie ;
- crayon de charpentier ;
- marteau de couvreur, adapté pour clouer à une main ;
- règle ;
- cordeau et poudre à tracer ;
- clous torsadés.
Installation des contre-liteaux
Cette phase est relativement simple. Les contre-liteaux sont les liteaux placés directement sur la charpente et le pare-pluie (écran sous-toiture) :
- Mesurer la longueur des chevrons, de l’égout au faîtage.
- Transférer cette mesure sur les liteaux (de préférence en bois traité).
- Scier les liteaux à la longueur désirée.
- Positionner un liteau précisément au-dessus du chevron correspondant à une extrémité de la toiture (rive).
- Clouer ce premier liteau, en commençant par le bas puis en haut, tout en le maintenant en place.
- Finaliser la fixation avec des clous tous les 40 cm.
- Fixer de la même manière les autres contre-liteaux, un sur chaque chevron.
Installation des liteaux
Cette deuxième phase de la pose du lattis est plus délicate car elle nécessite de calculer :
- l’écartement entre les liteaux ;
- la position du premier liteau en bas de la toiture.
Chaque liteau correspond à un rang de tuiles ou d’ardoises. On calcule cet écartement en fonction du pureau des tuiles ou ardoises utilisées, qui est la partie de la tuile dépassant celle immédiatement au-dessus.
Après avoir calculé le pureau ou l’avoir trouvé dans la documentation des matériaux, il est conseillé de fabriquer un gabarit à la longueur exacte du pureau.
L’installation du premier liteau au-dessus de l’égout se fait ainsi :
- Placer le gabarit en bas du premier contre-liteau en le laissant dépasser de 5 cm.
- Marquer au crayon la position obtenue, qui sera celle du bord supérieur du premier liteau.
- De la même manière, déterminer et marquer la position du premier liteau sur la rive opposée.
- Clouer le premier liteau, d’abord à ses extrémités puis à chaque croisement de contre-liteau.
Pour prévenir le basculement des tuiles ou des ardoises de la première rangée, on ajoute un liteau supplémentaire le long de la rive d’égout, qui servira de support pour le bord inférieur des tuiles. Positionner et clouer ce liteau à l’extrémité des chevrons.
On procède ensuite au marquage et à la pose des liteaux en progressant de l’égout vers le faîte :
- Utiliser le gabarit contre le premier liteau pour marquer la position du bord supérieur du deuxième liteau sur les deux contre-liteaux situés en rives (aux deux extrémités du toit).
- Tendre le cordeau entre ces deux marques et marquer à la poudre les positions sur les contre-liteaux intermédiaires.
- Positionner et clouer le deuxième liteau le long de ces marques.
- Continuer de la même manière pour les autres liteaux en montant vers le haut.
- En cas de longueur insuffisante de liteaux, positionner la jonction entre les liteaux au centre d’un contre-liteau et clouer chaque extrémité sur le contre-liteau.
Un autre type de lattis tombant dans l’oubli
Il est important de rappeler que le terme « lattis » désigne aussi un autre élément dans le domaine de la construction. Il s’agit d’un ensemble de petites lattes de bois utilisées pour l’accroche d’un plafond traditionnel en plâtre :
- Les petites lattes étaient clouées serrées sous les solives.
- On appliquait ensuite une épaisse couche de plâtre sur ce lattis.
Les reliefs créés par le lattis permettaient au plâtre de bien adhérer au plafond. Ce type de plafond est désormais délaissé au profit de plafonds suspendus en matériaux rigides. La réfection d’un plafond en lattis est rare aujourd’hui, et généralement, les lattes endommagées sont remplacées par un treillage métallique, souvent désigné aussi sous le terme de « lattis métallique ».